Le temps suspendu : Gabriela Gomez Abaitua à Genève

Blog, Non classéOct 01 2016Commentaires fermés sur Le temps suspendu : Gabriela Gomez Abaitua à Genève

Les 24 et 25 septembre dernier, la danseuse Gabriela Abaitua est venue donner chez nous un atelier de danse contemporaine. Elle a conquis les participants par sa douceur et sa rigueur professionnelle et nous a offert une véritable bulle d’oxygène le temps d’un weekend. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions.

ACCF : Gabriela, quand et comment as tu décidé de devenir danseuse professionnelle?

G. G. A. : La danse a toujours fait partie de ma vie parce que ma mère est professeur de danse, elle a une école à Vitoria (Pays Basque-Espagne) et c’est là que j’ai commencé. Le fait que la danse devienne ma profession et ma façon de vivre, s’est fait petit à petit lorsque je voyais que je me débrouillais pas mal et surtout que je prenais énormément de plaisir. C’est quand j’ai eu mon premier contrat dans la Compagnie Nationale en Espagne, sous la direction de Nacho Duato que ma carrière s’est plus définie.

ACCF : Si je te dis « scène » et « salle de danse »…

G. G. A. : Ah! Je suis tout de suite sur mon terrain de jeu. La salle restera toujours un lieu où tout se passe. La scène est magique, on est d’accord, mais on perd beaucoup de moments qui restent en salle. C’est le lieu d’exploration où l’art se cuisine. De ce que nous travaillons dans le studio, seul un petit pourcentage rentre sur scène, et ce n’est pas toujours le meilleur.

ACCF : Que représente le flamenco pour toi?

G. G. A. : C’est une culture. Je ne peux pas m’arrêter à la danse ou à la musique flamenca, c’est pour cette raison que je pense je serai toujours loin de comprendre le flamenco comme le font ceux qui  sont nés dans cette ambiance. Mais si on parle strictement de l’art flamenco, pour moi c’est une des meilleures combinaison qui existent de musique et de danse. Le mariage qui se produit entre la guitare, le chant, la danse, el cajón… incomparable à nulle autre chose. Voilà que le mot « duende » apparait dans le monde du flamenco lorsque la magie se produit entre ses différents arts.

ACCF : C’est quoi être un bon danseur ?

G. G. A. : C’est la prouesse de rester soi-même quand on danse, d’être vrai, et non pas de jouer le rôle du danseur dans la vie quotidienne. Être un bon danseur c’est sortir la nuit et sentir la musique vibrer dans ton corps et réagir. Être un danseur professionnel c’est d’arriver à transmettre cette vibration sur scène.

ACCF : Ce qui te fait vibrer!

G. G. A. : La musique s’en est une chose. Particulièrement la sensibilité de quelques personnes quand elles chantent, je pense à Silvia Pérez Cruz.

ACCF : Un conseil de la danseuse et un conseil de la prof stp !

G. G. A. : Conseil de la danseuse: explore tout ce qui n’est pas la danse. Conseil de la prof: transforme la musique en mouvement, c’est le meilleur cadeau que nous avons.

Propos recueillis par Rebeca Castilla