{"id":1433,"date":"2016-12-15T00:45:26","date_gmt":"2016-12-14T22:45:26","guid":{"rendered":"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/?p=1433"},"modified":"2026-01-30T18:38:05","modified_gmt":"2026-01-30T16:38:05","slug":"cie-antonio-perujo-negro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/flamenco-geneve.ch\/?p=1433","title":{"rendered":"Cie Antonio Perujo &#8211; NEGRO"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>Vendredi 2 d\u00e9cembre 2016 \u00e0 la Salle de l&rsquo;Alhambra (Gen\u00e8ve)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec <strong>Negro<\/strong>, dernier volet du triptyque initi\u00e9 en 2012 par Antonio Perujo, on s&rsquo;attendait \u00e0 la douleur, la solitude (et solea !). Antonio est all\u00e9 chercher au-del\u00e0 : dans la nostalgie, la m\u00e9lancolie, le souvenir. Se battre avec ses propres d\u00e9mons certes, mais avec une maturit\u00e9 et une r\u00e9flexion qui laissent entrer un rayon de lumi\u00e8re m\u00eame dans les moments les plus obscurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques pistes ici et l\u00e0 m&rsquo;ont mis la puce \u00e0 l&rsquo;oreille mais j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s loin d&rsquo;imaginer ce qu&rsquo;allait \u00eatre Negro. Et de mon tabouret\u00a0de privil\u00e9gi\u00e9e, attentive et stress\u00e9e, je pensais que ma t\u00e2che ne me permettrait pas de m&rsquo;immerger compl\u00e8tement dans le spectacle. Et bien ce fut tout le contraire : je devais m&rsquo;en impr\u00e9gner rapidement et me laisser envahir par mes \u00e9motions pendant la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Changement de lieu, changements d&rsquo;\u00e9quipe, on retrouve n\u00e9anmoins l&rsquo;atmosph\u00e8re intime de Rojo et Blanco. La mise en sc\u00e8ne est travaill\u00e9e diff\u00e9remment, <em>el baul de los recuerdos <\/em>ouvert et cette belle salle de l&rsquo;Alhambra pour sublimer le tout.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;habitude accompagn\u00e9e de mon petit calepin, je note mes impressions furtivement. En \u00e9crivant ce billet pour le blog, je me rends compte que seule une feuille quadrill\u00e9e annot\u00e9e de termes techniques et de petits dessins abstraits est rest\u00e9e&#8230;mes impressions, elles, demeurent dans ma t\u00eate. Je souris d&rsquo;ailleurs en me relisant, un mot qui appara\u00eet \u00e0 la fin de chaque tableau : <strong>NOIR<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La 1\u00e8re partie de cette soir\u00e9e s&rsquo;ouvre avec le r\u00e9cital du guitariste invit\u00e9 Agustin de la Fuente. Ce fut un r\u00e9el plaisir de le retrouver et fid\u00e8le \u00e0 lui-m\u00eame, toujours sympathique avec son public, il m&rsquo;a fait vivre un petit voyage dans le temps. J&rsquo;avais oubli\u00e9 \u00e0 quel point il jouait bien (quelle horrible phrase non?) \u00e0 quel point il vit sa musique et ne fait qu&rsquo;un avec sa guitare (un peu mieux n&rsquo;est ce pas?). <em>Alegrias<\/em>\u00a0(les larmes me sont directement mont\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de cette si famili\u00e8re composition),<em> Granaina, Malague\u00f1a, Fandango (<\/em>fantastique<em>)<\/em>\u00a0etc. ont conquis le public. Certains auraient trouv\u00e9 long ? Pas pour moi en tous cas! J&rsquo;ai regard\u00e9 ma montre apr\u00e8s les 20 premi\u00e8res minutes qui sont pass\u00e9es \u00e0 la vitesse de l&rsquo;\u00e9clair et je me suis mise \u00e0 esp\u00e9rer que l&rsquo;entracte ne vienne pas \u00e0 ce moment l\u00e0, d\u00e9j\u00e0. Ouf, il a continu\u00e9 et a termin\u00e9 en beaut\u00e9 pour notre plus grand plaisir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me partie tant attendue arrive. Le noir se fait, la musique de J\u00e9r\u00f4me Baur\u00a0s&rsquo;impose et un Antonio au\u00a0masque de taureau envahi l&rsquo;espace, veste <em>customis\u00e9e<\/em> pour l&rsquo;occasion \u00e0 l&rsquo;appui&#8230;j&rsquo;adore. Impossible pour moi de ne pas penser \u00e0 la photographie de Picasso et son masque de taureau immortalis\u00e9 par Edward Quinn. Puis le drap avec le Minotaure appara\u00eet et lui-m\u00eame laisse appara\u00eetre la chanteuse Naike Ponce qui encha\u00eene, assise sur le devant de la sc\u00e8ne, avec une <em>taranta<\/em> accompagn\u00e9e par Ismael Heredia qui dialogue avec elle dans sa diagonale. Demi-noir. Les deux musiciens r\u00e9unis, Antonio nous fait vibrer avec una <em>ca\u00f1a<\/em> dans\u00e9e avec cape qu&rsquo;il ma\u00eetrise \u00e0 la perfection. Noir. La guitare est seule \u00e0 s&rsquo;exprimer. Noir. Le drap revient et quelques notes \u00e0 la guitare nous d\u00e9voilent dans un jeu de lumi\u00e8re que Sylvia s&rsquo;y montre et s&rsquo;y cache changeant de postures jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le drap tombe. Bata de cola noire. Au diable les noires superstitions ! La soeur et le fr\u00e8re \u00e0 nouveau r\u00e9unis dansent una <em>petenera!<\/em>\u00a0Et pour couronner le tout, Antonio a les yeux band\u00e9s. C&rsquo;est le retour d&rsquo;Ariane et du Minotaure. <em>(Pour celles et ceux qui ne l&rsquo;aurait pas vu, Minotaure a \u00e9t\u00e9 une cr\u00e9ation d&rsquo;Antonio Perujo que j&rsquo;ai eu la chance de voir au BFM au printemps 2002 si ma m\u00e9moire est bonne).\u00a0<\/em>Comme d&rsquo;habitude la symbiose est parfaite, l&rsquo;interpr\u00e9tation magnifique et le jeu de la bata aux mains d&rsquo;Antonio semblait parcourir\u00a0le labyrinthe mythologique. Noir. Agustin revient et je sais pour quoi. Antonio sans chapeau, modeste et vrai, il va nous raconter une histoire en compagnie d&rsquo;Agustin. La Farruca ! Majestueuse, m\u00e9lodieuse&#8230;apr\u00e8s des ann\u00e9es sans appara\u00eetre au r\u00e9pertoire de ses prestations, Antonio rend hommage : hommage au Temps, hommage \u00e0 la Cr\u00e9ation, hommage au Papa&#8230;\u00e0 Paco. Merci pour ce beau moment. Noir. La voix de MariAngeles Cuevas \u00ab\u00a0<em>En el Caf\u00e9 de Chinitas dijo Paquirro a su hermano&#8230;\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>le po\u00e8me est accompagn\u00e9 par les castagnettes dans un face \u00e0 face d&rsquo;une belle sobri\u00e9t\u00e9 entre Antonio et MariAngeles. Guitaristes, chanteuses, danseuse, tous se rejoignent en demi-cercle pour accompagner Antonio au <em>compas<\/em> de la <em>seguiriya.\u00a0<\/em>L&rsquo;apoth\u00e9ose. La musique de J\u00e9r\u00f4me Baur refait surface comme pour rappeler \u00e0 tous que ce voyage dans le pass\u00e9 est termin\u00e9. Tous quittent la sc\u00e8ne except\u00e9 Antonio, la lumi\u00e8re se resserre, il retourne \u00e0 ses d\u00e9mons, sous le noir enduit sur sa peau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous pourrions\u00a0dire que, malgr\u00e9 mon descriptif, on aurait aim\u00e9 voir plus de pi\u00e8ces dans\u00e9es, que Naike au timbre et allure si particuliers dans le flamenco nous ai laiss\u00e9 un go\u00fbt d&rsquo;inachev\u00e9 dans la bouche et que le public du vendredi soir \u00e9tait \u00e9trangement calme (est-ce le bon mot?). Mais non je ne dirais pas tout cela (oui bon je l&rsquo;ai \u00e9crit), car tout \u00e9tait \u00e0 sa juste place. Un spectacle plus que r\u00e9ussi o\u00f9 seul le protagoniste occupe le devant de la sc\u00e8ne et encore ! Avec modestie et simplicit\u00e9. (Idem pour Sylvia, toujours aussi belle, mais quelle prestance ce soir !). C&rsquo;est ce que j&rsquo;aime avec le <em>baile<\/em> d&rsquo;Antonio Perujo. Il ne triche pas, il est lui-m\u00eame sur sc\u00e8ne. Il compose avec les <em>palos<\/em> comme avec ses humeurs. Tel qu&rsquo;il est dans la vie. Cela s&rsquo;est vu dans Rojo, encore plus dans Blanco (parce qu&rsquo;il a beaucoup d&rsquo;humour et de sensibilit\u00e9) et quelle claque dans Negro ! Nul besoin de sur-jouer avec la trag\u00e9die et la douleur. Antonio est parvenu le plus honn\u00eatement possible \u00e0 rendre hommage aux diff\u00e9rentes facettes d&rsquo;une non-couleur. Negro.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Rebeca Fo\u00ebx-Castilla<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reportage photographique de Jean-Christophe Arav.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1434 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_355-300x300.jpeg\" alt=\"161202_355\" width=\"300\" height=\"300\" \/> <img decoding=\"async\" class=\"wp-image-1435 size-medium alignleft\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_391-300x300.jpeg\" alt=\"161202_391\" width=\"300\" height=\"300\" \/> <img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1436 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_417-200x300.jpeg\" alt=\"161202_417\" width=\"200\" height=\"300\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1437 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_443-300x300.jpeg\" alt=\"161202_443\" width=\"300\" height=\"300\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1438 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_511-300x300.jpeg\" alt=\"161202_511\" width=\"300\" height=\"300\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1439 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_554-300x200.jpeg\" alt=\"161202_554\" width=\"300\" height=\"200\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1440 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_574-300x200.jpeg\" alt=\"161202_574\" width=\"300\" height=\"200\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1441 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_628-300x200.jpeg\" alt=\"161202_628\" width=\"300\" height=\"200\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1442 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_648-200x300.jpeg\" alt=\"161202_648\" width=\"200\" height=\"300\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1443 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_676-300x300.jpeg\" alt=\"161202_676\" width=\"300\" height=\"300\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1444 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_722-300x200.jpeg\" alt=\"161202_722\" width=\"300\" height=\"200\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1446 size-medium\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_741-300x230.jpeg\" alt=\"161202_741\" width=\"300\" height=\"230\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1447 alignleft\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_765.jpeg\" alt=\"161202_765\" width=\"600\" height=\"400\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1448\" src=\"http:\/\/flamenco-geneve.ch\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/161202_799.jpeg\" alt=\"161202_799\" width=\"400\" height=\"600\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vendredi 2 d\u00e9cembre 2016 \u00e0 la Salle de l&rsquo;Alhambra (Gen\u00e8ve) Avec Negro, dernier volet du triptyque initi\u00e9 en 2012 par Antonio Perujo, on s&rsquo;attendait \u00e0 la douleur, la solitude (et solea !). 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