FELAHIKUM by Ramirez, Molina & Wang

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Samedi 30 avril 2016.

La salle du Lignon à Vernier accueillait ce soir un des spectacles du Festival de Danse STEPS. Au lendemain de la journée internationale de la danse, Felahikum ne pouvait pas mieux tomber! De la danse, il y en avait en effet. Une claque. Deux femmes, deux artistes, deux cultures unies par le mouvement et la musique. Lever les yeux de son nombril c’est voir l’autre.

Felahikum renvoie à l’origine arabe du mot Flamenco. OK. Sébastien Ramirez et sa compagne Honji Wang ouvrent une brèche dans leur duo pour y laisser entrer Rocio Molina. Un autre monde. Je n’ai pas envie de détailler ici leur biographie. Il suffit d’aller sur internet pour les trouver. Lui à la direction artistique et chorégraphie, elleS sur scène, entre chorégraphies et interprétation.

Une mise en scène épurée mais juste ce qu’il faut. Quelques objets qui font entrer les matières et les éléments dans nos oreilles. Une lumière, qui de prime abord nous surprend et  nous éblouit, mais qui va jouer de ses nuances et nous promener tantôt dans le froid, tantôt dans le chaud. Tantôt dans la solitude, tantôt dans la compagnie. Des sons, de la musique et des voix. Les voix des interprètes parlant de cet Autre qui les suit depuis si longtemps, en anglais accentué, quelques mots en espagnol pour venir renforcer ce que l’on nous raconte. Beaucoup d’émotion, le public sourit, rit et se tend. Je me laisse envahir par mes sentiments, je souris, je ris tout bas mais je suis tendue. Sur ma chaise, j’ai mal aux articulations. Je finis par prendre conscience et relâche muscles et tendons.

Tableaux aux transitions nobles, gestuelles parfaites. En noir et blanc et vice-versa. Ying et Yang / Arria pita ! Je découvre Honji Wang. Juste magnifique. Frêle, souple, silencieuse, gracieuse. Rocio Molina, fidèle à elle-même. Donc grandiose. Musclée, précise, soniquetera. Arrêtons d’être déçus quand nous allons la voir et que l’on espère, sans être convaincus, que l’on va assister à un spectacle de flamenco. Certes il s’agit bien là de son mode d’expression et finalement peu importe de savoir si elle s’inspire des anciens ou pas, si dans sa modernité elle fait un pied de nez à la tradition ou pas. Elle est avant tout danzaora. Et quand chacune s’exécute dans le style de l’autre, ça ne sonne pas faux. C’est beau. Vient la lumière orangée, des airs de Jazz et l’émotion revient. Je danse intérieurement. Rocio, en sortant de son flamenco, prend du plaisir. On le lit sur son visage et on aime ça. Voiles encrés d’ancrage en chignon. Ils semblent brûler et Felahikum dans ma tête vient résonner.

55 minutes qui passent à la vitesse de l’éclair, riches et intenses. 55 minutes de complicité. 55 minutes de DANSE.

Poésie du corps.

Rebeca Foëx-Castilla